Category: Critiques de films

Sam Peckinpah

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En ce moment à la cinémathèque, il y a une rétrospective Sam Peckinpah. Cinéaste très controversé de son vivant, mort à 59 ans en 1984 imbibé d’alcool et d’héroïne. Son style se caractérise par une prédilection pour des scènes très violentes, parfois à la limite du supportable. Cette violence n’est jamais gratuite et il fait plutôt oeuvre de moraliste pour dénoncer la violence de notre monde. Monde qui pour lui en est à sa fin. Autre thème très présent dans ses films , la trahison. Pour lui il n’y a pas de vainqueurs et vaincus , tous les deux sont sur le même plan.Dans les films que j’ai vu pour l’instant, Croix de fer, la guerre vu du côté allemand sur le front russe, magnifique pamphlet nihiliste, il y a une scène qui pour moi résume le film. L’un des protagoniste dit à son camarade: qu’est-ce que l’on fera quand on aura perdu la guerre ? Il lui répond : on préparera une autre guerre. Osterman weekend, le dernier film réalisé en 1983 par Peckinpah traite de la fin du cinéma remplacé par la télévision et le jeux  video, est beaucoup plus confus. Malgré quelques scènes de course poursuite remarquablement filmé mais sans grande originalité on sent que le réalisateur est au bout du rouleau. Son oeuvre assez courte mérite d’être redécouverte. Peckinpah n’a réalisé qu’une quinzaine de films souvent mutilés par les producteurs et des séries pour la télévision.

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Les secrets des autres

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Dès le début du film, un plan entièrement rose, subjectif d’un bébé qui va mourir  on a en germe tout le film. Le deuil va être le thème principal du film et c’est ce qui va finir par les réunir dans les funérailles du bébé.  D’une manière très sensible avec beaucoup de pudeur Patrick Wang nous introduit sur la pointe des pieds dans l’intimité de cette famille. L’arrivée de la première film de John (le mari), enceinte, va être le catalyseur et va faire ressurgir tous les blessures enfouies. Les personnages sont souvent filmés de loin, en plan séquences comme s’il avait peur de les déranger. Biscuit (la petite fille) est filmée longtemps de dos  pendant la première séquence où elle tombe dans l’Hudson et est récupérée par un chien saint bernard. Le réalisateur n’utilise quasiment jamais le champ/contre champ, on reste sur les personnages quand ils parlent. Tout passe d’ailleurs par le langage ou par son refus. John reproche violemment à sa femme de ne pas lui avoir dit que le bébé allait mourir comme Biscuit ne veut pas dire pourquoi elle sèche l’école. Patrick Wang nous fait un portrait assez sombre de la famille middle class américaine mais avec beaucoup d’intelligence. Fait avec très peu de moyen et superbement filmé, souvent en plans fixes, en 15 jours et en 16 mm, les secrets des autres est une des bonnes surprises des films de cet été et Patrick Wang est un réalisateur à suivre.

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Dheepan

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Dans la plupart de ses interviews Audiard dit qu’il a voulu filmer une histoire d’amour. On ne peut pas dire que dans Dheepan elle soit très intense et très originale, mettre côte à côte dans le même appartement une femme et un homme sensé vivre une vie de couple, la question n’est pas si cela va se passer mais quand ? Et pour le coup si c’était vraiment son intention c’est raté, l’histoire d’amour est relativement secondaire par rapport au contexte social-politique du film et le fait qu’il soit sri lankais n’apporte rien à l’histoire, le réalisateur la traite comme une banale bluette entre occidentaux. La séquence édénique de fin le confirme ; le rêve c’est de posséder une maison avec jardin en Angleterre. Audiard traite la banlieue comme l’avait fait Mathieu Kassovitz dans La haine, d’une manière caricaturale. Faire le parallèle entre la guerre civile au Sri Lanka et la banlieue française est un raccourci très osé. Certe, le réalisateur le traite d’une manière très abstraite et fictionnée aux antipodes du documentaire mais les références sont trop proches de notre actualité pour que la distanciation opère à plein et surtout que l’histoire d’amour prime sur le contexte social. En voulant tenir les deux (romance et chronique sociale) finalement Audiard rate son film.

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La femme au tableau

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Cet été 3 films sont sortis en France traitant chacun à leur manière et avec plus ou moins de réussite de l’amnésie. Amnésia de Barbet Schroeder , Martha (Marthe Keller) par culpabilité envers les nazis veut oublier sa langue maternelle, l’allemand. La femme au tableau de Simon Curtis, Maria Altmann (Helen Mirren) lorsqu’elle rentre en Autriche pour la première fois depuis sa fuite en 38, ne veut pas s’exprimer en allemand avec le portier de l’hôtel, mais en anglais. Autre ressemblance troublante dans les deux films, Martha et le père de Maria jouent du violoncelle. Cette instrument symbolisant une Allemagne avant l’arrivée d’Hitler, celle des grands musiciens allemands, époque où les juifs étaient intégrés dans la société. Le labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli traite de l’amnésie du peuple allemand d’après guerre pour les crimes des nazis. Les deux films historiques (Le labyrinthe et La femme au tableau) ont tous les deux les mêmes défauts, un style académique sans grande invention cinématographique  et une tendance à vouloir intégrer dans leur récits des personnages secondaires sans grande consistance qui n’apportent rien au propos du film. Pam, la femme de l’avocat dans La femme au tableau et Marlène la fiancée du jeune procureur dans Le labyrinthe. Le film de Schroeder par contre choisit la totale distanciation avec son sujet et les personnages secondaires qu’il introduit dans son récit sont en lien direct avec son sujet ( à part l’imprésario de JO). Le déjeuner avec les parents de Jo est le point culminant du film ou la mémoire revient avec violence chez les convives.

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Mission impossible rogue nation

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L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

C’est le premier film de cette série que je vois. Le quinquagénaire Tom Cruise est assez étonnant dans ses nombreuses cascades qu’il a soi-disant exécutées lui-même (on était pas là pour le voir). La performance physique de l’acteur est époustouflante. Du début du film avec un clin d’œil au film de Hitchcock la mort aux trousse dans une scène où il est accroché à une aile d’un avion qui décolle, en passant par une très belle scène à l’opéra de Vienne où sur l’air de Turandot de Puccini , en référence au film de Brian de Palma Phantom of the paradise (de Palma est aussi le réalisateur du premier film de la série) et un voyage à Casablanca avec Rebecca Ferguson qui ressemble à Ingrid Bergman dans le film éponyme, c’est une succession de scènes d’actions parfaitement maîtrisées. Comme dans beaucoup de blockbuster américain , le film est truffé de références cinématographiques comme si en dehors des scènes d’actions ce type de cinéma avait du mal à innover. La musique ne fait aussi que reprendre le fameux thème de Lalo Schifrin qu’il avait composé en 1966 pour la série télévisé. Mission impossible rogue nation se laisse voir avec plaisir si l’on aime  ce type de cinéma.

Mission : impossible – Rogue Nation de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Jeremy Renner… 2 h 12.

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